ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

L'ADEME en Picardie

Filière géothermie

Carte de répartition du meilleur aquifère (nouvelle fenêtre). Voir le descriptif ci-après (JPG - 293.3Ko)
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Descriptif détaillé de la carte (DOC - 23Ko)

La géothermie désigne à la fois les phénomènes thermiques terrestres, et l'utilisation de la chaleur générée par la Terre pour le chauffage ou la production d'électricité. La température augmente avec la profondeur. Le gradient géothermique moyen (qui donne l'augmentation de température en fonction de la profondeur) est de 30 °C/km, mais cette valeur est susceptible de varier selon le contexte local.

Il s’agit de prélever l’énergie accumulée dans la terre, qu’elle soit stockée dans l’eau des aquifères ou directement dans les terrains, pour l’amener à la surface. Les techniques les plus simples sont ancestrales : recueil de l’eau chaude de sources naturelles d’eau chaude, circulation naturelle d’air dans une cave fraîche pour obtenir de l’air frais en été et tempéré en hiver, dans le cas des puits provençaux. Des méthodes plus évoluées comme les forages ont été mises au point pour la recherche pétrolière, adaptées pour la recherche d’eau et développées pour la géothermie. Enfin des méthodes plus techniques consistent à enterrer des échangeurs là où il n’y a pas de fluide naturel pour transporter l’énergie.

Plus d’informations sur le site du BRGM

Selon l’article 131 du code minier, les forages de profondeur supérieure à 10 mètres ou dont le débit dépasse les 8 m³/heure sont soumis à déclaration auprès de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) et ceux dont la profondeur est supérieure à 100 mètres ou d’un débit supérieur à 80 m³/heure sont soumis à autorisation préfectorale.

D’après les récépissés de déclarations de forages géothermiques, on peut dire qu’entre janvier 2006 et mai 2011, 500 forages géothermiques ont été déclarés, pour un total de 259 installations. Ces installations qui représentent une puissance d'échange proche de 7,2 MW (Aisne : 1,1 MW ; Oise : 2,2 MW ; Somme : 3,9 MW), permettent d'extraire environ 1240 Tep du sol picard.

La géothermie profonde basse température

Le bassin parisien qui s’étend au sud de la Picardie est un bassin sédimentaire présentant un fort potentiel pour la géothermie profonde (1 800 mètres), avec des niveaux de températures inférieurs à 60 °C, ce qui rend a priori nécessaire l’utilisation de pompes à chaleur pour mieux exploiter le gisement.

La valorisation de cette ressource est réalisée en habitat collectif par un réseau de chaleur conséquent, du fait de l’importance des investissements à réaliser.

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Géothermie très basse température, sur nappes superficielles

D’après le BRGM, la Picardie dispose de 2 aquifères intéressants pour la géothermie. La nappe de la Craie, présente sur toute la région, peut fournir jusqu’à 150 m³/h soit une puissance maximale par puits s’élevant à 1,5 MW (soit l’équivalent de 200 logements collectifs peu performants). En outre, les nappes de l’Eocène qui recouvrent la Craie au sud de la région, ainsi que les grandes vallées, où se concentrent les grandes agglomérations, présentent des productivités importantes (contrairement aux plateaux).

Cette technologie est particulièrement adaptée pour le chauffage de bâtiments de grande taille, logements collectifs, tertiaire, industrie, ou l’alimentation de réseaux de chaleur basse température. Une pompe à chaleur reste nécessaire dans tous les cas.

Carte des températures au toit du Dogger
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Carte des températures au toit du Dogger (nouvelle fenêtre) (JPG - 145.8Ko)

Géothermie sur sondes verticales

Les sondes verticales peuvent être implantées quasiment partout dès lors que les contraintes techniques (zones urbaines denses) ou réglementaires (zone de protection de captage) le permettent. La productivité est en moyenne de 50 W/m pour des longueurs inférieures à 100 m (au-delà une procédure d’autorisation est requise). Cette technologie est à privilégier pour l’habitat individuel afin de limiter la taille des champs de sondes (une à deux sondes nécessaires selon la taille et la performance thermique du logement) qui peuvent néanmoins être constitués de plusieurs dizaines de puits.

Le Schéma régional climat air énergie (SRCAE) fixe, à l’horizon 2020 pour la Picardie, un objectif de production d’énergie à partir de la géothermie de 26,5 ktep/an. En 2050, compte tenu du gisement géothermique notamment dans le sud picard, la cible facteur 4 porte cet objectif à 86 ktep.

Pour la partie bâtiment, cela représenterait en 2050, 20 % des consommations de chauffage + eau chaude sanitaire.

En Picardie, l’objectif est de poursuivre le développement des installations à faibles profondeurs et basse température (100 m) mais aussi de chercher à valoriser la chaleur profonde (1 800 m). Pour les opérations « basse température », l’accent est mis sur les opérations avec pompe à chaleur avec réinjection dans la nappe et les opérations avec pompes à chaleur sur champ de sondes géothermiques. Des précautions d’analyse sont requises avec notamment le recours à un foreur certifié (norme AFNOR NFX10-999), l’avis d’un hydrogéologue agréé, la fourniture d’une notice explicative sur les dispositions prévues en fin de vie de l’ouvrage et le recours à la procédure « Aquapac » pour forage sur nappe pour les installations utilisant des pompes à chaleur d’une puissance thermique supérieure à 30 kW.